La prison n’est pas un lieu photographié. Par l’absence d’images, elle devient un espace fantasmé, imaginé.
C’est la législation française qui interdit cette diffusion ; les détenus, tant qu’ils le sont, n’ont pas le droit de diffuser l’image de leur corps. Ils n’existent pas. Sur l’application Périscope, une communauté de détenus diffuse des images de leur quotidien. Ils entretiennent des liens entre eux, ou avec leurs proches, trompent l’ennui, cherchent la rencontre. L’application permet de dépasser la frontière physique de la prison pour se connecter avec le reste du monde. Et le reste du monde a accès à ces lieux et ces corps interdits .
En réalisant des captures d’écrans de ces moments publics interceptés sur périscope, ces « images écranique » brut et sans autre destination à la base qu’une diffusion, pose la question de la manière dont les réseaux sociaux donnent accès à de nouveaux territoires du visible, mais aussi la question du document photographique et des nouveaux mode de captation du réel.